Découvrir, apprendre, pratiquer, progresser, transmettre.

Parcours et rencontres : cette catégorie d'articles propose des récits autour d'un personnage particulier de nos musiques acoustiques, mais aussi des rencontres qui ont marqué, influencé sa vie, faisant de lui ou elle ce qu'il ou elle est aujourd'hui. Ou comment (re)découvrir sous un jour particulier des personnalités régulièrement croisées.

Éric Stefanelli, banjo-trotter

30-07-2023

Éic Stefanellil à la maison, bien sûr avec un banjo.
 Ã‰ic Stefanellil à la maison, bien sûr avec un banjo. 

L'homme est paisible et calme, comme en voyage tranquille à travers la vie. Son banjo s'exprime de même, dans la plupart des styles courants de l'instrument, avec précision et célérité si nécessaire.

Musicien, luthier et voyageur, il a vraiment plein de choses à raconter.

Voyons ça.

 

Ses premiers souvenirs du son du banjo remontent  l'enfance, à Nice, où son grand-père jouait du banjo ténor lors des fêtes ou évènements.

Celui-ci avait appris à aimer la musique de banjo, de piano, ragtime essentiellement, au contact des militaires américains, aviateurs basés à Issoudun en 1917, alors qu'il avait à peine 15 ans. Plus tard, devenu marin, il a navigué entre Brest, et Savanah (Georgie), où il allait écoutait les orchestres de jazz et les dance-bands.

Sur ses vieux jours, il confia son banjo au jeune Éric. Sans quoi nous n'aurions peut-être pas eu la suite.

ÉRIC : "J’en ai joué un peu pendant trois ans, puis quand j’ai eu 14 ans j’ai revendu ce banjo tenor et acquis un Framus 5 cordes, car à l’époque, je découvrais le folk avec Hugues Aufray, Graeme Allwright par des disques chez le grand-frère d’un copain, et j’écoutais les Westerners."

Les premiers pas avec le banjo, son importance grandissante.

ÉRIC : "Mes premiers contacts sérieux ont commencés en 1973, au sein du folk-club d’Antibes, où je
rencontrais des musiciens qui jouaient de la musique Old-time et un peu de Bluegrass. Fans des New Lost City Ramblers, de Pete Seeger, Peter Paul & Mary, de Alice Gerard et Hazel Dickens, Doc Watson et Norman Blake pour ne citer qu’eux, ils m'ont permis de participer à des jams sessions, où j’ai commencé à apprendre les bases de ces belles musiques.

Quelques années passèrent, j’ai vu jouer Tom Paley, Hazel & Alice, Bill Keith et Jim Rooney, en concert à Nice entre 1972 et 1975. J'ai même eu l’occasion de rencontrer ces personnes, surtout Tom Paley et Bill Keith, lors de rencontres-concerts organisés par le Folk-club du Pont-Vieux à Nice . Entre-temps j’avais eu l’occasion de monter plusieurs groupes d’amateurs avec des copains du Lycée puis de la Fac, entre Nice et Cannes, où nous nous faisions « la main » en jouant sur le bord de mer et dans les pizzerias.

C’est étrange, mais c’est lors du service militaire que j’ai rencontré un des meilleurs fiddlers old-time de France, Polo Burguière. Il est maintenant devenu une bête de concours, remportant très souvent les compétitions de fiddle dans de grands festivals aux US,A, comme Clifftop ou le Merle Fest. Une des rencontres les plus importantes dans ma vie de musicien et de luthier, Polo a une profonde connaissance de cette musique et de ses nombreux aspects, il a étudié les standards avec des fiddlers de toutes générations. Nous passâmes tous deux 8 mois à jouer quasiment tout les jours et ce fut fructueux. Nous nous sommes rencontré à nouveau, vingt cinq ans plus tard et nous en fondant le Black Mule Old Ttime String Band au début des années 2000."

Ontario Bluegrass en 1982. - Jam Hall
Ontario Bluegrass en 1982.
Avec Black Mule Old Time Stringband en 2001. - Jam Hall
Avec Black Mule Old Time Stringband en 2001.
Banjo trio, et costumes, en 2003. - Jam Hall
Banjo trio, et costumes, en 2003.
 

Le passage à "professionnel", en lutherie et en musique.

En 1977 il apprend le métier de facteur d’orgues - luthier. Rien à voir avec le Bluegrass et l’Old-time. Travailler le bois, faire des claviers, des sommiers d’orgues, puis spécialisation dans la fabrication de tuyaux d’orgues, En parallèle, il apprend aussi la lutherie avec le luthier en guitares, Olivier Fanton d’Andon.

Éric : "Je lui dois tout ce que je sais en cette matière, mais aussi en partie à la facture instrumentale Renaissance et Baroque. Je continuais à pratiquer le Bluegrass avec les mêmes personnes à Nice, à fréquenter les festivals de l’époque comme le mémorable festival de Courville sur Eure, et le fabuleux concert de Doc Watson à Grenoble."

En 1979, il rejoint le groupe niçois Ontario Blues Banda, qui jouait et chantait en niçois, alors mélange de Bluegrass, Country Music, Folk, Rock. , etc. mais tourne essentiellement bluegrass à son arrivée. Le répertoire allait de Flat& Scruggs, Stanley Brothers, Peter Rowan, en passant par Country Gazette, Country Gentlemen, Seldom Scene etc. Il y eu aussi la période des stages masterclass de banjo, avec Bill Keith, Tony Trishka,
et Ben Eldridge.

Le groupe jouait régulièrement dans les Maisons des Jeunes, mais aussi organisait des concerts sur Nice et environs, dans les ranchs, fêtes privées, courses cyclistes, casinos etc. La formation était :

  • Tuck Certano : guitare, mandoline et voix,
  • Claude Nesci : banjo, guitare, basse et voix,
  • Henri Jumelin : basse, piano et voix (remplacé plus tard par Jean-Michel Peyrou).
  • Éric Stefanelli : banjo.

Éric : "Nous avions participé au concours de groupes au Toulouse Bluegrass Festival en 1982 (bluegrass 43 avait gagné cette année-là). En 1982, nous
participions à l’album de musique cajun Hey Madeleine avec Gérard Dôle chez Folkways. Mais l’Ontario Bluegrass avait vécu !
"

Par la suite, il joua encore quelques années avec Claude et Tuck, et avec sa compagne Patricia à la guitare, jouant même une fois  sur les quais de la marine à Monaco pour la famille princière qui accueillait la 6ème flotte américaine.

Après plus de 20 ans de bons et loyaux services, il laissa de côté le rôle de musicien, et s'installa en 1991 avec sa famille au coeur de la Bourgogne. Il y monta un atelier de lutherie en musique ancienne, dans la maison de sa grand-mère maternelle, où il fabriquait des instruments de la famille des luths, des harpes. Mais il continuait tout de même à jouer de la musique Old Time avec Patricia une fiddler de Dijon, Isabelle Herman.

Éric : "À l’époque, j’étais fasciné par les vieux banjos de la période Victorienne, par leur facture, leur look et surtout la musique de cette époque. En 1996, j’achetais chez John Bernuzio à New York un vieux coucou, un Morrisson, clad tonering, en cinq cordes daté de 1882 (l’époque où il n’y avait que des banjos à 5 cordes, banjo-guitare, et banjo-mandolines. Les tenors plectrums à quatre cordes n’existaient pas. Je cherchais des personnes pouvant me dire comment il fallait en jouer, et je suis tombé sur l’Américan Banjo Fraternity dont les membres pratiquaient tous ce style de musique. Ils étaient d'ailleurs lassez âgés à l’époque pour avoir connus tous les plus grands banjoistes classic fingerstyle de leurs temps. 

Allant des airs de saloon aux ragtimes en passant par les musiques populaires et la musique classique, j'ai appris ce répertoire notamment sur partitions, Au bout de deux ans nous avions, ma femme et moi, fait le maximum pour assimiler les techniques de jeu de ce style de musique de banjo, cordes, en boyaux ou nylon, peau animale, instrument accordé gCGBD. Nous nous lançâmes dans cette musique, en plus de l’Old-Time. Nous étions presque les seuls en France les seuls à pratiquer ce style de banjo classique."

Au Japon en 2008. - Jam Hall
Au Japon en 2008.
Avec Clarke Buehling. - Jam Hall
Avec Clarke Buehling.
Avec Lluis Gomez et Dotze Contes. - Jam Hall
Avec Lluis Gomez et Dotze Contes.
 

Japon et autres voyages

Éric : "En 1996, je fabriquai un luth pour un français vivant à Tokyo qui, par la suite, présenta mon travail à des amis et collègues japonais, professeurs et musicologues fréquentant la même école. Un professeur japonais me contacta et je le reçu à mon atelier bourguignon où il me demanda de fabriquer des luths pour son école de musique ancienne. Je commençais alors à fabriquer presque exclusivement pour les japonais, et mis un pied au japon."

En 1998, il fit la connaissance de Dirk Powell et Christine Balfa, à l’occasion de leur tournée en France. Sur le conseil de Dirk, il commença à fabriquer des banjos old-time. Dirk a d'ailleurs joué longtemps sur un de ses banjos fretless. Éric fut plus tard invité par le consulat de France à Tokyo, pour présenter mes instruments sous forme de concert-conférence. Ce fut l'occasion de rencontres de gens versés dans les domaines de la musicologie, des arts et des sciences techniques, et d'une interview sur une grande radio de Tokyo en tant que luthier.

Il y eu pendant 22 ans de longs séjours au Japon qui lui permirent d'approfondir sa connaissance du pays et de sa civilisation. Culture, arts tels que musique traditionnelle, calligraphie, philosophie.

Éric : "Parallèlement de 2000 à 2007, je fabriquais des banjos old-time et commençais à en vendre aussi aux états-unis. Notamment une copie de Fairbanks Tubaphone pour le mandoliniste bluegrass et old-time Jody Stecher.

Nous avions formés deux groupes. Black Mule, musique Old Time avec Polo Burguière (fiddle), et Nadine Marinelli (voix et guitare), ma femme Patricia à la guitare, et moi-même (banjo fretless et voix). Des amis old - timers américains nous visitaient souvent en France, et nous jouions des soirées entières. C’est là, et plus tard aux Etats-Unis, que nous avons vraiment appris ce qu‘était cette Old time Music.

L'autre groupe était en Classic Banjo, six membres, uniquement composé de banjos à 5 cordes :  le Nice Banjo Orchestra, comme à la grande époque des orchestres de banjo. Répertoire de marches, ragtimes, dances, cakewalks etc. En 2002, nous avons rencontrés pas mal de musiciens américains d’old-time music, dont John Hermann (banjo clawhammer) et Mérédith MacIntoch (voix et contrebasse), qui ont joués les morceaux du disque Cold Mountain pour le film du même, aussi avec Dirk Powell (fiddle) et Tim O’Brien (mandolin fiddle et voix). Nous eûmes aussi la visite du fiddler Rhys Jones qui resta 5 mois chez nous. Il nous invita plus tard à venir passer un mois à Chicago et dans les Appalaches, pour jouer avec lui et nous produire tous les trois, et avec d’autres groupes, dont les Volobodtrotters de l’Illinois."

C'est ainsi qu'ils animèrent des sessions de square dance, contradances, et clog à la Old Town School of Music de Chicago, à Milwaukee, et dans l’Ohio etc. Ils approfondirent le style old-time du Midwest qui est très différent du style Round Pike, Caroline du nord ou des Appalaches.

Éric : "L’expérience fut très formatrice, car depuis ce temps là nous jouons ce style de musique, qui a plus d’influence écossaise et canadienne, que dans les états du sud. En octobre 2004, nous sommes invités par l’Alliance Française à jouer du classic banjo et du ragtime, en Chine, pendant un moi complet. Concerts dans la région du Sichuan, à Chengdu (à l’époque, 19 millions d’habitants), nous avions embauchés trois jeunes chinois , un au cello, l’autre au trombone, et une pianiste qui nous servait d’interprète, des gens adorables, très bons musiciens, qui se sont adaptés au répertoire en moins de deux répétitions.

Nous avons joués dans deux universités du Sichuan, dans un conservatoire de musique. Pour l’anecdote, il faut dire que plus de 15.000 élèves étant inscrits aux cours, le bâtiment était, démesuré, ultra-moderne, l’architecture en forme de demi-lune, et tout autour se développait une véritable ville constituée de commerçants, magasins de musique et accessoires, luthiers, librairies de partitions, des milliers de personnes tout autour du conservatoire.

Au cours de nos concerts dans les universités, nous faisions salle pleine, du jamais vu pour un concert de Bluegrass, la place était à l’équivalent de 0,50 centimes d’euros, mais tout le monde pouvait se l’offrir à ce prix modique, (on faisait le plein de la salle de concert), il faut dire qu’un salaire moyen chinois à l’époque devait correspondre à 80 euros par mois, pour un bon pouvoir d’achat, et, nous vivions avec l’équivalent de deux euros par jours, et parfois il nous restait de la monnaie, c’était des yuans, on ne pouvait pas les changer en partant, nous avons donc, laissés aux étudiants qui jouaient avec nous tout le « per diem » qu’on nous donnais par jour et par personne."

En 2007, Éric et Patricia allèrent en Allemagne animer une master-class de classic banjo, à Hagen au Banjoree 2007. Ce fut très international avec 35 élèves venus d’Angleterre, de Belgique, des Pays-Bas, de France, de Suède, et bien sûr des allemands, et très enthousiasmant. Il y eu d'autres concerts de classic banjo au Japon en août 2008 à Nagano, Tokyo, Yokohama, pour un public toujours très intéressé.

Érice : "Nous jouions avec notre amie et pianiste japonaise Natori Noriko, elle se passionnait pour le ragtime, et nous faisait des « back-ups dignes de Scott Joplin et de James Scott. Après chaque concert, des gens venaient à notre loge, ou sur la scène, pour nous inonder de questions, le public en bon nombre était très chaleureux ! Si la communauté Bluegrass au Japon est nombreuse, ainsi que la communauté Old-Time, on constate qu’actuellement de plus en plus de japonais apprécient et jouent le Classic Fingerstyle banjo."

Éric et Patricia sont plus tard retournés en Allemagne au Banjoree 2011, mais cette fois-ci pour une démonstration d’appareil phonographes et cylindres Edison, Pathés, Columbia et autres, de leur collection personnelle. Ils y ont retrouvé Clarke Buehling, le « monsieur Classic Banjo » américain, qui donnait une master-class. Ce fut l'occasion d'un nouveau concert de fin de stage, à 3 banjos plus une guitare.

2012 voit naître deux groupes. Le premier de classic banjo « Ragtime Gang » composé de Patricia Stefanelli (banjo), Gérard Montauduin (guitare), Éric Stefanelli (banjo). Le groupe tourne deux ans, essentiellement en Bourgogne.

Puis un deuxième en Old-time music : avec Charly Caugant (fiddle), Patricia Stefanelli (guitare) et Eric Stefanelli (banjo et chant).jouant aussi en région Bourgogne et alentours.

Mais en 2015, Patricia développe une maladie handicapante qui la prive de l'usage normal de ses jambes et de ses mains.

Eric poursuit depuis ses interventions au banjo, old-time et jazz au plectrum banjo, un peu de bluegrass aussi, lors de festivals, notamment en animant le dernier Festival Autour du Banjo à Marguerites en 2019.

Désormais retraité de la lutherie, Éric consacre ses loisirs à... devinez quoi ? Au banjo et à la musique traditionnelle.

Avec Rhys Jones (2001). - Jam Hall
Avec Rhys Jones (2001).
Concert en Chine, à Chengdu (2004). - Jam Hall
Concert en Chine, à Chengdu (2004).
Jazz avec Éric Gilles en Juin 2018. - Jam Hall
Jazz avec Éric Gilles en Juin 2018.
 

Article rédigé par Ti' Pierre

 

 

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